Les Cahiers de l'Observatoire n°210, Novembre 2004
Industries chimiques : pas de vraie reprise en 2004
Le secteur de la chimie a subi, comme les autres activités, les conséquences du tassement de la croissance mondiale. Cela d’autant plus que les marchés tendent à s’internationaliser au détriment du concept d’intégration. Au cours des années 80, la tendance visait, en effet, la maîtrise de la totalité de la filière. Depuis quelques années, on assiste au recentrage sur le cœur du métier mais avec la préoccupation d’être leader sur le marché mondial. Après le recul de 2002 et la légère progression de 2003, la production française pourrait stagner en 2004.
Le secteur regroupe des activités assez diverses, à
savoir, l’activité de chimie de base, la chimie destinée à
l’agriculture, la pharmacie, les peintures, les produits
d’entretien et les cosmétiques ou encore les fibres
synthétiques.
Vers la fin de l’intégration
En dépit de cette diversité, il faut constater une
tendance générale au recentrage sur le métier. Au cours
des années 80, la stratégie visait à constituer des
groupes intégrés. Il s’agissait alors de couvrir la totalité
de la filière ou, en tout cas, une grande partie. Cela s’est
par exemple traduit par des prises de positions de
chimistes de base dans la pharmacie, les produits
phytosanitaires, la parfumerie ou encore les cosmétiques.
Bayer ou BASF constituaient alors des modèles
européens. Mais, depuis quelques années, le modèle de
référence a changé. On s’oriente maintenant vers la
spécialisation sur un produit ou un métier afin de tenter
d’en devenir l’un des leaders mondiaux. Ce nouveau modèle,
inspiré par les sociétés anglo-saxonnes, touche
progressivement toutes les branches et devrait s’accentuer
dans la période 2000-2010.

Du fait de ses efforts de restructuration, l’industrie
chimique française a été un acteur de la
restructuration engagée à l’échelle européenne. L’objectif
demeurant de mieux maîtriser le marché en essayant de
réduire l’effet des cycles toujours de fortes amplitudes dans
la chimie, comme en témoigne l’évolution des opinions
des chefs d’entreprise européens concernant les carnets de
commandes.

On décèle très nettement le tassement de la croissance
opéré depuis la fin 2000. Le creux n’est pas encore atteint.
Il faudra attendre 2005 pour que le marché se redresse et
s’inscrive dans une nouvelle phase haussière.
Une tendance baissière
Jusqu’au deuxième semestre 2000, le secteur de la chimie
avait connu une forte progression. Comme on l’a déjà dit, il
subit régulièrement les effets de cycles. Le tassement a été
encore davantage ressenti en Allemagne. Cette pause, chez nos
voisins, provient du fait que leurs productions soient
davantage orientées vers la zone non européenne.
Le ralentissement mondial s’est donc fait sentir un peu plus
chez eux. En 2000, tous les secteurs de la chimie ont
cependant progressé, hormis les engrais. Du fait du coût des
matières premières, les engrais européens sont handicapés par
rapport à des pays comme la Russie ou encore le Maroc. La
situation était de ce point de vue moins perturbante pour la
chimie minérale et la chimie organique (en particulier pour
les matières plastiques). Pour l’avenir, sauf pour les engrais, le
rythme de croissance devrait donc désormais fléchir. En
Allemagne, on pourrait même connaître un repli toujours
lié à la situation mondiale.

La parachimie (cosmétiques, peinture et pharmacie)
demeurera sur des tendances encore satisfaisantes même si la
grande exportation tend à se réduire. La chimie lourde
minérale (engrais, gaz) et la chimie organique vont se
tasser, le plastique, de son côté, devant bien se
maintenir.
La France compétitive
Du fait des investissements importants réalisés au cours
des années passées, l’industrie chimique française semble en
capacité de bien maintenir ses positions ; elle bénéficie
d’une compétitivité actuellement très satisfaisante même si
des faiblesses demeurent dans certaines filières. C’est
notamment le cas, en amont, lorsque les disponibilités de
matières premières à bas prix sont insuffisantes (engrais,
par exemple) ou encore, en aval, lorsque les
entreprises sont de trop petites tailles pour s’engager dans
la voie d’une recherche-développement toujours coûteuse
pour elles (exemple, la pharmacie).
2005, le rebond ?
La France a mieux résisté que d’autres au creux de 2001,
en particulier au cours du premier semestre. Même s’il faut
enregistrer un tassement dans la chimie lourde, on a constaté
une assez bonne tenue dans les peintures et les vernis, les
colles et les adhésifs, la parfumerie, les cosmétiques et de
nombreux autres secteurs de la chimie fine. 2004 devrait être
encore une année difficile mais le rebond devrait déjà se
faire sentir avec la reprise mondiale.

* Compte tenu de la structure juridique de certaines
sociétés, certains chiffres ne sont pas représentatifs du
volume d’activités ou sont non-disponibles (nd).
Source : BIPE - D & B - Les Echos - Commission européenne <meta><meta>
Gaston BESSAY
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