Les Cahiers de l'Observatoire n°209, Octobre 2004
Métallurgie : reprise depuis 2003 sur fond de concurrence faussée par les Etats-Unis
Le secteur de la métallurgie est caractérisé par des cycles très fortement différenciés. Après le pic haussier de 2000, le secteur est entré dans une phase baissière. Parallèlement, la sidérurgie a également été marquée par la décision unilatérale des Etats-Unis d’augmenter de 30% les taxes sur les produits importés, ce qui à mis à mal les principes même de la concurrence décidés dans le cadre de l’OMC.
Le champ couvert par le secteur de la métallurgie comprend : la
sidérurgie, la fabrication de tubes, la première transformation de
l’acier, la production de métaux non ferreux. L’Allemagne est
leader de la production en Europe, la France ne venant qu’en
quatrième position des quatre grands pays producteurs.


Les évolutions sont assez contrastées selon les pays mais la
tendance générale, depuis 2001, était au net ralentissement. La
reprise est intervenue à partir de 2002, notamment du fait du
phénomène de stockage de la part des clients des
métallurgistes.

L’appréciation de la monnaie américaine, puis la récession et
enfin la détérioration des prix et des marges ont fortement
perturbé le secteur aux Etats- Unis, qui a enregistré 26 faillites
depuis 1997. C’est une véritable crise structurelle que connaissent
les sidérurgistes américains. Les activités métallurgiques,
outre-Atlantique, sont handicapées par leur niveau de compétitivité
et surtout par une mauvaise adaptation à la demande. En réaction à
cette crise, les Etats-Unis ont décidé, unilatéralement,
d’augmenter de 30% les taxes sur les produits importés de l’Union
européenne, de Russie, du Japon, de Chine et de Corée. La Chine,
récemment admise dans l’organisation du commerce international, a
immédiatement riposté en déposant une plainte. On comprend que ce
pays se sente très concerné quand on compare l’évolution respective
des productions chinoises et américaines. Ceci étant, les
Etats-Unis ne sont pas les seuls concernés par le déclin, tous les
pays du G7 s’inscrivent à peu près dans la même tendance.
Cependant, il semble que le point bas du cycle a été atteint en
2002 et que le climat international se détende. En tout état de
cause, les Etats-Unis ne pourront éviter une restructuration forte
de leur appareil de production.

Quand on examine l’évolution des prix, il se confirme que la
vraie question de la concurrence entre les Etats-Unis et l’Europe
ne se situe pas sur la compétitivité mais sur l’adaptation au
marché. La concentration s’est beaucoup accélérée au cours de ces
dernières années, témoin l’évolution des dix premiers groupes
mondiaux. Usinor (fusion du lorrain Sacilor et du nordiste Usinor)
a réussi à devenir le numéro un mondial après l’union avec le
luxembourgeois Arbed et l’espagnol Acelaria, sous le nom d’Arcelor.
Arcelor pèse plus de deux fois le poids de Thyssengroup (fruit de
la fusion de Krupp Hoesch et Thyssen). Les restructurations sont
encore loin d’être terminées, en particulier aux Etats-Unis. Ces
dernières devraient être facilitées par la très nette reprise en
2004. Une reprise notamment alimentée par les énormes besoins de la
Chine. Les prix aussi vont s’envoler ; Acelor annonce une hausse de
20% en 2005.



Gaston BESSAY
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